Interview d'Elodie Gamot

Elodie Gamot a rejoint l’équipe NumWorks cet été après avoir enseigné pendant près de 10 ans les sciences et les mathématiques au collège et au lycée. Elodie nous présente son parcours et son nouveau métier de Responsable Pédagogique chez NumWorks.

Peux-tu nous présenter ton parcours d’enseignante ?

Avant de rejoindre NumWorks, j’ai enseigné pendant 10 ans dans deux établissements, au Lycée à Meudon (92) et dans un établissement pour enfants précoces à Paris.

J’ai débuté au collège et au lycée à Meudon en tant que professeure de sciences physiques pour des élèves de la Quatrième à la Terminale. En effet, dans un premier temps, je me suis orientée vers cette matière car j’ai une formation en sciences physiques. Toutefois, j’ai toujours eu une préférence pour l’enseignement des mathématiques ! C’est d’ailleurs la matière que j’enseignais en parallèle dans un autre établissement à Paris. J’ai commencé par des classes de Troisième, puis j’ai fini par rejoindre cet établissement à temps complet pour enseigner les mathématiques de la Seconde à la Terminale. Avec la réforme du lycée, ces deux dernières années, j’ai également enseigné l’enseignement scientifique en Première et en Terminale.

J’ai eu la chance d’enseigner dans cet établissement car il proposait de nombreux projets et options. Les élèves devaient en choisir plusieurs. J’ai donc eu l’opportunité d’enseigner des options telles que l’astronomie ou de m’occuper du projet scientifique (thèmes : projet sur la lumière, projet sur l’infiniment petit et infiniment grand, construction d’un robot…). Cela m’a permis de varier mes projets. J’ai même animé un atelier de musique ! Chose que je ne recommencerai pas car ce n’est définitivement pas mon boulot… Chacun son métier !

Light Painting

Comment t’es-tu dirigée vers l’enseignement ?

Pour être honnête, c’est un peu par hasard ! Lorsque j’étais étudiante, je cherchais un petit boulot à côté de mes études et j’ai finalement rejoint l’association de ma ville qui donnait des cours. J’ai proposé mes services mais sans grande conviction et un peu à reculons ! J’avais quelques a prioris et je pensais que ça ne me correspondrait pas.

Finalement, ce petit boulot s’est transformé en une véritable révélation ! J’ai trouvé cela incroyable et je me suis prise au jeu. Je trouvais que cela fonctionnait vraiment bien et c’est donc tout naturellement que j’ai fini par me dire que c’était ce métier qu’il fallait que je fasse !

Qu’est-ce qui te plaisait le plus dans l’enseignement ?

Je dirais le contact avec les élèves : c’est toujours du donnant-donnant. Je trouve cela intéressant l’interaction avec les élèves et la dynamique que donnent nos échanges. Je fonctionne beaucoup à l’humour et ça donnait de superbes moments et aujourd’hui de très bons souvenirs.

Comment aimais-tu organiser tes cours ?

J’aimais beaucoup envoyer les élèves au tableau, pour faire des corrections à ma place, répondre aux questions des autres élèves ou animer une partie du cours. Cela me permettait de circuler de table en table pour aider plus individuellement les élèves qui en avaient besoin.

Au début, j’ai des élèves à qui cela ne plaisait pas du tout d’aller au tableau pour expliquer une partie du cours. Finalement, au fur et à mesure, ces mêmes élèves se sont découvert un talent caché et ont fini par se rendre compte eux-mêmes que cela les aidait beaucoup d’expliquer les cours à d’autres. Je pense par exemple à l’un de mes anciens élèves qui, aujourd’hui, donne des cours particuliers.

Cette pratique pédagogique permet de casser la dynamique et de réussir à garder l’attention des élèves tout au long du cours. Parfois, lorsque c’est un élève qui explique le cours, les autres élèves sont plus réactifs et intéressés. Finalement, les élèves ont réellement compris une notion lorsqu’ils sont capables de la réexpliquer.

Quel est ton rôle et quelles sont tes missions au sein de l’équipe NumWorks ?

Chez NumWorks, je suis responsable pédagogique. Je vais créer du contenu sous différentes formes (activités, tutoriels vidéos et autres) à destination des professeurs mais aussi des élèves.

Je vais également m’occuper d’animer les formations à la fois pour les professeurs mais également en interne auprès de nos délégués pédagogiques.

Que souhaiterais-tu mettre en place ?

Je conçois ce travail comme un travail d’aide. Je souhaite rendre service aux professeurs et les aider dans leur quotidien en proposant des contenus à la fois utiles et originaux. Je suis bien placée pour le savoir mais lorsqu’on est professeur, on est en permanence pris par le temps. On n’a pas toujours le temps de mettre en place ce que l’on souhaite. J’espère avoir des retours de professeurs, des idées et produire un contenu qu’ils prendront plaisir à partager avec leurs élèves.

As-tu déjà une idée de la première formation que tu vas proposer ?

Je pense que la première formation sera sur la programmation en Python. Il y a peu de contenus disponibles sur Python sur internet alors que c’est une nécessité première lorsqu’on enseigne les mathématiques au lycée. Souvent les professeurs ne sont pas formés en Python et doivent se débrouiller pour préparer leurs cours dans des conditions qui ne sont pas toujours idéales. Je trouve cela intéressant de pouvoir faire, avec la calculatrice NumWorks, des activités courtes et ludiques avec ses élèves en classe.

As-tu une anecdote à nous partager sur ton métier de professeur ?

Je garde un très bon souvenir d’un voyage scolaire où je me suis retrouvée à jouer au jeu vidéo Just Dance avec plusieurs de mes élèves. Je connaissais quelqu’un qui travaillait chez Ubisoft (qui commercialise le jeu vidéo) et qui cherchait des personnes pour tester le nouveau jeu vidéo Just Dance. Une fois que mes élèves ont eu le Bac, je les ai emmenés chez Ubisoft pour tester le nouveau Just Dance en avant-première !

Je garde également un très bon souvenir des conférences scientifiques (astronomie essentiellement) auxquelles j’ai assisté avec mes élèves. Une fois, lorsque nous sommes rentrés dans la salle, un de mes élèves m’a dit “Madame, je crois qu’on vient de faire chuter la moyenne d’âge”. Il est vrai que la plupart du temps le public de ces conférences est plutôt âgé. Et moi, j’arrivais avec mes lycéens et la moyenne d’âge s’écroulait. J’étais très fière que mes élèves s’intéressent et puissent poser des questions pertinentes à des éminents scientifiques de l’astronomie et de la physique quantique !